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Agressions sur les pompiers : la Haute-Saône bat les records

ER du 27/01/2016

Que se passe-t-il en Haute-Saône ? Selon un rapport de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) c’est à ce département rural que la Franche-Comté doit de se retrouver dans le peloton de tête des régions où les sapeurs-pompiers sont le plus agressés.

En effet, sur 84 agressions déclarées en 2014 par les soldats du feu comtois, 70 l’ont été par des Haut-Saônois, soit plus de 80 % des faits. L’étude en tire également un chiffre de 39,5 pompiers agressés pour 10.000 interventions et 38,1 pompiers agressés rapporté à un effectif de 1.000. Ce qui constitue le record de France.

Les seuls départements approchant ces données ahurissantes sont le Rhône avec 154 pompiers agressés en 2014, soit 15,2 pour 10.000 interventions et 29,7 pour un effectif de 1.000 ; le Bas-Rhin, avec 130 pompiers agressés, soit 19,3 pour 10.000 interventions et 23,4 pour un effectif de 1.000.

Pour comparaison avec les autres départements francs-comtois, le Doubs compte 14 agressions déclarées, soit 4,6 pour 10.000 interventions et 5 pour un effectif de 1.000, tandis que le Jura et le Territoire ne signalent aucune agression en 2014. Enfin, par rapport à l’année précédente, le SDIS de Haute-Saône voit le nombre des agressions augmenter de plus de 20 % en passant de 51 à 70, le taux par rapport au nombre d’interventions restant quasiment identique avec 31,8 en 2013.

Pour autant, ce nombre élevé d’agressions n’a donné lieu qu’à un tiers de dépôt de plaintes en Franche-Comté contre plus d’une sur deux en Bourgogne qui n’enregistre que 30 agressions.

Au total, en France, 1.603 sapeurs-pompiers ont été victimes d’une agression en 2014, soit 3,7 pour 10.000 interventions et 6,6 pour un effectif de 1.000, des chiffres relativement stables par rapport à l’année précédente. Ce qui n’empêche que l’on note une augmentation de 44 % des agressions de pompiers depuis 2008 et de 24 % entre 2012 et 2013.

Un phénomène urbain…

Agressions dont ont été victimes à 55,7 % les sapeurs-pompiers professionnels, alors qu’ils ne constituent que 20 % de l’effectif national. Ce qui situe principalement le phénomène dans les grandes villes et agglomérations où ils sont exclusivement présents. Les volontaires supportent 35,1 % des agressions et les militaires (Paris et Marseille) 9,2 %.

Ces plaintes concernent des agressions physiques et n’évoquent donc pas les dégradations commises sur les véhicules. Les données communiquées à ce sujet sont exclusivement régionales. Sur 374 véhicules de sapeurs-pompiers endommagés en 2014 en France, 7 l’ont été en Franche-Comté, générant un préjudice estimé à 35.467 €. Ce qui situe à nouveau la région sur le podium national, derrière la Champagne-Ardenne avec 125.659 € de dégâts sur 35 véhicules et devant le Midi-Pyrénées avec 4 véhicules dégradés pour 25.290 €.

Fred JIMENEZ